Pris dans le tourbillon des affaires qui secouent le football italien, Marcello Lippi a été confirmé à son poste pour la Coupe du Monde. Mais comme plusieurs de ses joueurs, le sélectionneur de la Squadra Azzurra reste sur la sellette.
L'Italie aspirait sûrement à plus de sérénité pour préparer son Mondial. Alors que les joueurs de la « Nazionale » ont entamé leur phase de préparation à Coverciano, les affaires de matchs truqués et de désignations d'arbitres arrangées en Serie A connaissent chaque jour leur lot de rebondissements. Dont certains impliquent directement des internationaux et jusqu'au sélectionneur. Ancien entraîneur de la Juventus Turin, Marcello Lippi est ainsi soupçonné de liens un peu trop étroits avec Luciano Moggi. Au centre du scandale, l'ex-directeur général du club piémontais, par ailleurs collaborateur du fils de Lippi dans la société d'agents GeaWolrd, aurait en effet profité de son influence pour obtenir la sélection de certains joueurs et faire ainsi grimper en flèche leur valeur marchande. Des soupçons qui ont poussé certains hommes politiques et une partie de la presse transalpine à réclamer la tête du sélectionneur.
La réponse de la Fédération ne s'est donc pas faite attendre. Lors d'une conférence de presse donnée lundi sur le lieu de rassemblement de la Squadra Azzurra, le nouveau commissaire de la fédération italienne de football (FIGC), Guido Rossi, a confirmé Lippi à son poste. Il a ainsi tenu à mettre fin aux rumeurs de renvoi, affirmant que cette solution n'avait jamais été envisagée en haut lieu. « Je suis venu ici pour assurer, avec le président du comité olympique M.Petrucci (Gianni), notre confiance totale et absolue à M.Lippi. Cela aurait été pure folie de désigner M.Lippi comme bouc émissaire en évitant de chercher les vrais responsables de cette situation », a ainsi expliqué Rossi. « J'ai été victime d'un jeu de massacre et j'ai lu beaucoup de choses de mauvaise foi, a ajouté Lippi. J'ai déjà expliqué que je n'ai pas d'agent, que je n'ai jamais été assisté par mon fils (Davide) et que je n'ai rien à faire avec la GEA. » Il réaffirmait ainsi ce qu'il avait déjà expliqué vendredi lors de son audition par le parquet de Milan, en qualité de témoin.
La question du maintien de Lippi entérinée, l'Italie n'a pas fini de subir l'agitation ambiante. Car hormis le sélectionneur, certains joueurs sont également dans l'½il du cyclone. A commencer par Gianluigi Buffon, au c½ur d'un scandale de paris clandestins. Suspecté d'avoir misé sur des matchs du championnat italien, le gardien de la Vieille Dame a expliqué au procureur de Turin avoir cessé cette pratique après son interdiction. A deux doigts d'être écarté de la liste des 23, il subit depuis les foudres de certains supporters, qui l'ont par exemple sifflé lors de son arrivée à Coverciano. Malgré ce climat nébuleux, l'Italie peut y trouver un signe du destin. En 1980, le gigantesque scandale du totonero avait abouti à la relégation du Milan AC en Serie B et à la suspension de Paolo Rossi durant deux ans. A son retour à la compétition, l'avant-centre italien avait éclaboussé le Mondial espagnol 1982, terminant meilleur buteur et offrant à son pays le dernier de ses trois sacres mondiaux.
OB148 le dirigant